Mondes extraterrestres

La notion de confort chez les extraterrestres

Chez les Ranas et chez les Chéloniens, comme chez toutes les espèces très évoluées, les capacités technologiques sont telles que le niveau de confort est très élevé. Toutefois, ce niveau de confort ne serait certainement pas du goût d’un humain, car parallèlement à cela, leurs exigences physiques étant moins importantes que celle des terriens, les Ranas et les Chéloniens ne mangent qu’une fois par semaine, une nourriture synthétique qui contient tout ce dont leur organisme a besoin. Il y a une petite diversité de goûts proposés, ainsi que des couleurs différentes afin de varier un peu l’aspect, mais comparé à la diversité des nourritures sur Terre cela semble bien pauvre. Même les Ranas, qui sont un peu plus sensibles et délicats que les Chéloniens, ne se laissent pourtant pas déstabiliser parce qu’ils mangent toujours la même chose où qu’ils n’ont pas à leur disposition la nourriture dont ils ont envie. Ils gardent un bon moral quoi qu’il arrive. Ils ont adaptés leurs besoins aux produits disponibles. Le désir d’un aliment étant toujours l’expression du corps pour faire savoir qu’il a besoin d’un produit spécifique contenu dans cet aliment, la question ne se pose pas ici, puisque chaque produit contient tous les éléments nutritionnels nécessaire à la vie organique de l’espèce.

C’est surtout vrai pour les espèces nomades, qui passent de longs séjours sur des vaisseaux, alors que sur les planètes, les modes culinaires sont un peu plus développées. Toutefois, la notion d’art culinaire est assez spécifique à la Terre et est l’objet de beaucoup de curiosité pour les Ranas, qui ont l’habitude d’avoir une vie physique très simple. Les Chéloniens, eux, avec leur caractère spartiates, trouvent que c’est juste une perte de temps et se nourrissent avec autant d’intérêt et de plaisir qu’on peut en avoir à mettre du carburant dans un véhicule !

Il n’existe pas de système monétaire, donc personne n’est en compétition. Ainsi, tout le monde travaille à l’élaboration du meilleur produit possible. L’objectif étant aussi de pouvoir fournir des produits qui puissent être partagé le plus possible entre plusieurs espèces de la Confédération, chaque espèce tenant compte des besoins des autres dans la fabrication de ses produits, les spécificités sont donc supprimées autant que possible pour obtenir un produit de base qui puisse satisfaire toutes les espèces, qui se satisferont de ce qu’elles ont, quitte à y adjoindre un additif qui apporte la spécificité recherchée si besoin est. L’accent est donc mis sur la compatibilité des produits, contrairement à la Terre, où là guerre économique implique que les produits ne soient pas compatibles entre eux.

Il existe donc une grande gamme de produit, mais peu de variété au sein de ces mêmes produits. La plupart des espèces évoluées ne voient pas l’intérêt d’avoir le choix entre deux marques de sauce tomate, comme on peut le voir sur Terre. C’est de la sauce tomate, et chez eux, c’est forcément de la meilleure qualité possible, dans la mesure où la plus haute qualité possible n’entraîne pas de gaspillage. La grande diversité des produits dans les supermarchés humains m’a personnellement toujours beaucoup dérangé.

Les extraterrestres évolués savent que la gestion de la frustration est un besoin important pour l’élaboration de la personnalité (car contrairement à ce que semblent penser beaucoup d’humain, les extraterrestres ont une vie propre et chacun une personnalité différente). Ainsi, comment être frustré dans une société qui gère si bien sa chaîne de production et vous assure d’avoir pour ainsi dire tout ce que vous voulez sans jamais manquer de rien ? Par deux moyens :
1 – en s’imposant une limite dans la chaîne de production. C’est un peu le principe du repos du septième jour, ou du jeûne, qui impose un manque, un nettoyage, une période de révision, période durant laquelle les désirs ne seront pas satisfaits. Ce n’est pas le cas pour les produits vitaux bien sûr, mais pour tout le reste, il arrive qu’il y ait rupture de stock de temps en temps et qu’on ne fasse exceptionnellement rien pour compenser. Tous les systèmes de productions n’étant pas à l’arrêt en même temps, il reste toujours possible de trouver un produit qu’on désire vraiment avoir.

2 – c’est aussi une question de discipline personnelle. Les ET ont tendance à passer un certain temps en stage de survie en quelque sorte, où ils auront l’occasion de manquer de tout, afin de réévaluer leurs besoins réelles de consommation, les compétences de survie étant de toute façon toujours utiles, surtout pour les équipages de vaisseaux.

L’apprentissage de la frustration nécessite ces deux aspects : je m’impose et les autres m’imposent. Je refuse un produit pendant un temps, et je cherche ce produit mais ne peut l’obtenir. Ainsi l’apprentissage est complet.