Les ETI

Les termes employés ici seront très personnels, ce ne sont pas des termes officiels car il n’en existe pas. J’ai cherché à être le plus précis possible pour donner une idée essentielle de ce dont je parle. Pour plus de lisibilité, je ne mettrai pas chaque expression entre guillemets. Ce que j’exprime ici est en fonction de mon expérience, et peut varier d’un groupe extraterrestre à un autre.

Les programmes d’insertion sont gérés par des entités d’un niveau de conscience très élevé. Le but de ces programmes est l’observation, l’expérimentation et l’action sur le terrain. On ne demande pas vraiment, et il ne nous est pas vraiment proposé, de participer à ce genre de mission. C’est un processus naturel, qui fait qu’on s’engage dans cette voie là. C’est un peu le principe de ce dicton : « quand l’élève est prêt, le maître arrive ». Sont choisi uniquement ceux qui sont déjà prêts, et les aînés, qui ont du discernement, valident le choix de la personne (je dis « personne » pour parler d’extraterrestre, en espérant ne pas être trop confus). ll existe aussi des humains très évolués qui se réincarnent sur Terre pour poursuivre leur mission, mais dans ce cas là, ils se contentent de suivre le processus naturel et seront la plupart du temps dans la catégorie « contacté » ou « abducté ». Ceux là, en général, ont moins de problèmes d’intégration en milieu humain, puisqu’ils le sont eux-même par nature, ce qui n’est pas le cas des extraterrestres insérés qui eux ont plus de mal à s’adapter. Les insérés auront souvent des problèmes d’intégration sociale dus à leur évolution plus avancée, difficilement compréhensible pour leur entourage et pour certains aussi, des difficultés liées à leur morphologie d’origine, qui entraîne une incapacité plus ou moins sévère avec l’appropriation du corps humain.

Il est important de noter ici que beaucoup d’autistes sont en fait des ETI. Une majorité d’ETI sont autistes sans déficience intellectuelle, mais tous les autistes ne sont pas des ETI bien sûr ! D’autres sont surdoués, d’autres bipolaires, d’autres encore pourraient éventuellement souffrir de troubles s’apparentant à la schizophrénie, dans la mesure où les médecins posent des diagnostics corrects, ce qui n’est pas toujours le cas.

Il ne faut, en général, pas être d’un niveau spirituel trop élevé pour que le décalage ne soit pas trop insupportable pour celui qui est envoyé, mais aussi pour son entourage, pour éviter un phénomène de rejet trop violent. Si le message n’est pas abordable ou s’il est incompréhensible, la mission est un échec. Cela est vrai pour les extraterrestres qui font un travail de fond sur l’humanité. Pour d’autres, qui participent à des missions rapides et puissantes, de grande envergure, un niveau plus élevé sera nécessaire.

Il ne faut pas non plus être d’un niveau trop bas, pour que l’expérience ne tourne pas mal. Dans des conditions de vie aussi déroutantes, on pourrait parfois être tenté de sombrer dans la violence, et ce n’est vraiment pas le but recherché ! Les individus qui tourneraient mal seraient bien sûr mis hors d’état de nuire, car nous n’avons pas vraiment des droits humains ici, étant donné que nous sommes en service et non totalement natifs. Cela arrive extrêmement rarement heureusement, car les choses sont bien étudiées à l’avance et ne sont envoyés que ceux dont on est sûr. Mais le libre arbitre fait que cela arrive parfois. La plupart de ceux qui sont en situation d’échec préfèrent se suicider (ce n’est pas rien de rater une mission de vie et de s’être trop enfoncé pour faire machine arrière !), les plus réfractaires étant enlevés ou mourant de quelque manière que ce soit. Quelques uns arrivent toutefois à se soustraire à ces sécurités, mais nous savons que nous servons aussi des plans qui nous dépassent et tout à un sens et une utilité en fin de compte. Nous abordons donc ce problème avec recul et sagesse.

Les entités envoyées sur Terre sont généralement en cours d’apprentissage d’un niveau juste un peu supérieur à celui moyen des humains et leur incarnation leur sert d’expérimentation et d’approfondissement. En revanche, le dévouement envers le bien commun est parfaitement acquis, sans quoi ils ne pourraient pas venir.

C’est là le plus grand nombre, mais il existe aussi une minorité d’êtres très évolués qui s’incarnent pour venir servir d’exemple et enseigner les habitants de la Terre, quelle que soit leur origine (humain/humain ou humain/extraterrestre), sans avoir eux-même quelque chose à y apprendre. Ce sont en quelque sortes des maîtres d’apprentissage, dont faisaient parti Jésus (le vrai, pas celui détourné par le christianisme) et Bouddha par exemple, et qui ne venaient pas là pour y trouver quelque chose pour eux-mêmes.

Dans l’apprentissage par expérience directe, chaque groupe est relativement indépendant. Les Ranas connaissent bien les humains par exemple, contrairement aux Chéloniens, qui les connaissent peu. Par conséquent, les Ranas fournissent aux Chéloniens les moyens de connaître les humains de près. Bien que les informations « théoriques », ou intellectuelles, soient déjà transmises, elles ne suffisent pas. Il faut une connaissance pratique, qu’on pourrait appeler « émotionnelle » ou intuitive. Il ne suffit pas de savoir, il faut connaître, c’est-à-dire « co-naître » : « naître avec », les humains.

Il n’y a pas de quoi avoir la grosse tête. Être un ETI se vit avec conviction et sans prétention. Venir d’ailleurs et avoir un niveau d’évolution techniquement considéré comme d’un niveau au dessus de celui de la moyenne des humains ne justifie pas qu’on se sente supérieur. Le niveau est d’ailleurs plus avancé, pas plus haut, il n’y a donc aucune supériorité. C’est une conception des choses horizontale, pas verticale.

Les ETI ont tendance à donner l’impression d’évoluer très vite, de rapidement prendre conscience d’un grand nombre de leurs défauts pour les corriger. Or, un vrai changement se fait toujours sur du très long terme, même pour nous. Quelqu’un qui apprend trop vite n’apprend pas vraiment, il ne fait que se réapproprier ce qu’il savait déjà d’une autre vie. Mais cela arrive aussi à des humains très évolués qui se réincarnent en humain, donc il faut chercher d’autres indices en parallèle, bien que celui-ci soit important.

 

Les missions habituelles des ETI

Encourager les talents humains

Les ETI sont avant tout des consultants. Ils ne tiennent pas à, et ne doivent pas tenir, un rôle majeur qui les mettent en avant au sein de l’humanité. Les personnes qui ont le plus marqué l’humanité, les grands scientifiques, les grands philosophes, les grands hommes politique, etc. n’étaient donc pas des extraterrestres dans des corps humains, ce qui, en passant, rend totalement invalide la théorie selon laquelle des hommes politiques actuels seraient des reptiliens, idée totalement aberrante quand on sait que la Terre est en quarantaine pour des raisons de sécurité. Mais ils avaient probablement tous dans leur ombre un ami discret, qui les soutenait et les encourageait à voir plus loin, à être audacieux, à oser croire en leur idée, tout en restant eux-mêmes en retrait, ne donnant pas de but en blanc toute l’idée à découvrir (ils ne font que l’entrevoir eux-aussi et sont réellement en recherche), mais guidant leur ami, sans en avoir conscience, sur le chemin qui mène à la compréhension, en validant ou pas les hypothèses présentées.

Les ETI sont là pour soutenir l’évolution humaine. Pour cela, ils œuvrent dans l’ombre, préférant mettre un autre, un humain, en avant. L’objectif est la projection des talents sur le devant de la scène. Par exemple, à mes yeux, il y a peu de chance qu’Albert Einstein ait été un extraterrestre inséré. Ses intuitions sociales, philosophiques et scientifiques n’étaient pas des réminiscences d’une vie passée sur une autre planète. Par contre, le profil de son ami Michele Besso1 m’intéresse beaucoup.
Einstein et lui passaient beaucoup de temps à parler de la vie, de l’univers, et des projets de recherches en cours. Michele Besso l’a soutenu durant toute sa carrière. Il a aussi servi de médiateur durant le divorce d’Einstein et l’a soutenu pour que sa vie professionnelle ne soit pas trop gênée par tous ces tourments. Leurs longues discussions ont fait mûrir dans l’esprit d’Einstein les grandes théories qui ont changé le visage de la science. Voilà, à mon avis, un profil type d’ETI, bien que nous ne pourrons jamais en être tout à fait certain dans ce cas précis.

Fournir des informations

Les coordinateurs d’insertion tirent leurs informations de leur opérateur sur le terrain, en « s’assimilant » à eux temporairement, en quelque sorte. C’est quelque chose d’assez difficile à décrire tant cela est subtile (mais qui n’a vraiment rien de spectaculaire).

Pour prendre exemple dans ce que je vis, Tali, là où elle est stationnée physiquement dans l’espace, entre en méditation profonde pour se connecter à moi. Ce que je ressens moi, c’est une grande proximité avec elle, presque physique, comme si il y avait quelqu’un dans la pièce, et cela dure environ une journée en général. Quand elle est connectée à moi de cette manière, la communication entre nous est beaucoup plus fluide (c’est moins le cas aujourd’hui, le sentiment de présence est moins intense mais les communications sont plus fluides en permanence). Je l’ai perçu se concentrant dans une méditation profonde pour venir, comme se posant sur moi, venant de derrière et se mettant à ma place, voyant ce que je vois, sentant ce que je sens, entendant ce que j’entends, comme pour scanner mon environnement, comme si elle vivait temporairement à travers moi. Mais c’est subtile, c’est quelque chose que je peux facilement ne pas remarquer. Il m’est souvent arrivé de le ressentir alors que j’étais obligé de faire autre chose et que je n’avais pas le temps de me concentrer sur mon ressenti. Il ne s’agit pas du tout de canalisation, ou de possession. Je reste moi-même, pleinement libre de mes mouvements et tout à fait conscient.
Cela ressemble un peu à ce que l’on peut expérimenter dans un jeu vidéo. On voit le personnage à la troisième personne, mais on peut aussi appuyer sur un bouton pour accéder à la vue à la première personne. Et tout ce que le personnage va vivre sera partagé par le joueur, qui aura l’impression de le vivre lui-même. J’ai dernièrement développé une relation amoureuse dans un jeu vidéo, entre mon personnage et un de ses acolytes, et je vivais sa relation en la partageant, comme j’ai vécu son deuil lorsque son compagnon est mort. Tali vit les mêmes choses que moi à travers moi. Elle sent quand je suis amoureux et s’en réjouit avec moi, elle sent ma peine et la partage, elle vit à mon rythme, pas tout le temps, car elle a aussi sa propre vie, mais très régulièrement. De la même manière, il m’est arrivé de ressentir lorsqu’elle était en deuil, ou agacée, ou amusée par quelque chose. C’est un échange très vivant et profond.
Cette connexion se fait dans les deux sens, car dans ces moments là, je me sens beaucoup plus inspiré pour écrire par exemple, et j’ai une vision des choses beaucoup plus claire. Je suppose que ce rapprochement d’esprit à esprit opère les mêmes choses chez l’un et chez l’autre. Nous sommes l’un pour l’autre une porte vers un autre monde en quelque sorte.
Dans la série Sense8 on voit le même genre d’expérience de transfert d’esprit, ou une personne va faire une chose à la place d’une autre, comme si elle la portait dans ses moments de faiblesse. La réalité est bien moins spectaculaire, bien plus subtile aussi, mais l’image s’en rapproche assez je trouve.

Guider en inspirant par l’exemple

Les ETI ont déjà vécu une vie très évoluée par le passé. Venir vivre sur Terre est une expérience de retour en arrière assez brutale. Le but est donc de retrouver sa façon de vivre évoluée d’autrefois, mais en étant humain. Si on y arrive, l’avantage est qu’on peut expliquer aux humains comment faire, et leur prouver que c’est possible. C’est ce qu’a fait Jésus par exemple. Ainsi, nous devenons une source d’inspiration pour les humains en montrant l’exemple, et nous pouvons leur apprendre par expérience comment y parvenir, loin des théories abstraites de ceux qui cherchent à deviner comment accéder à un certain niveau d’évolution alors qu’ils ne l’ont eux-mêmes pas atteint. Les humains réagissent beaucoup en miroir les uns des autres, par un effet d’entraînement (pas tous, évidemment, mais une très grande majorité). Ainsi donc, en leur montrant l’exemple et en les encourageant à faire de même, on parvient à les accompagner dans leur évolution en les tirant vers le haut. Même si déjà certains peuvent faire « bien », on peut les amener à faire « mieux » s’ils le désirent.

 

 

Déroulement courant de la vie d’un ETI

Les préparatifs

La mission s’exécute toujours en binôme : un opérateur sur le terrain (l’inséré) et un coordinateur qui reste au centre opérationnel, en liaison continue avec son opérateur (pas forcément autour de la Terre, ça peut aussi être très éloigné voire même dans une autre dimension pourquoi pas). Généralement, ce sont deux entités qui ont l’habitude de travailler ensemble et qui sont très proches, car le lien affectif servira dans une des étapes du parcours terrestre de l’opérateur.

Il existe des extraterrestres de niveau 6 (bien souvent, ceux que les humains appellent les « êtres de lumière »), qui gèrent les naissances et qui ont la responsabilité de mondes entiers. Le duo et son équipe vont se retirer quelques temps, pour prévoir la prochaine mission. Ensemble, ils vont entrer en méditation profonde afin de contacter ses entités de niveau 6 pour découvrir quels sont leurs plans  afin d’en avoir conscience pour être plus efficace (quand on comprend ce qui se passe c’est toujours plus facile). Il sera ainsi possible de découvrir les étapes importantes qu’il faudra passer, les objectifs à valider, les personnes qu’il faudra rencontrer, bref, tout ce qui sera pratique et utile pour la mission, autant que possible. La collaboration entre les extraterrestres de niveau 6 et ceux des niveaux 4 et 5 est importante, car elle vise à les responsabiliser en vue, bien entendu, de les préparer à l’accession à leur prochain niveau d’évolution.

Bien que l’esprit s’exprime en général en se créant un corps adapté à son niveau d’évolution, le fait de prendre un corps adapté naturellement à un niveau plus bas, va tirer l’esprit vers le bas. Pour parler clairement, pour un extraterrestre qui ne connaîtra pas la sexualité physique sur sa planète d’origine, la confrontation à la sexualité humaine peut être très déstabilisante. La curiosité étant un des atouts essentiels à ce genre de missions, il est naturel que la sexualité du jeune humain d’origine extraterrestre soit quelque peu bouleversée au début de sa vie, problème que n’auront pas forcément tous les extraterrestres. Mais l’emprise (semble-t-il assez démesurée) de la sexualité dans la vie humaine peut souvent être difficile à aborder pour un extraterrestre. C’est aussi la curiosité qui le poussera à découvrir ce qu’est l’ivresse, l’excès de nourriture et la découverte des plaisirs de la vie en général, régulièrement un peu dans l’excès. Somme toute, rien de plus et rien de moins que ce qu’un humain normal peut expérimenter aussi en fin de compte. Le jugement sur les excès de jeunesse ne sont pas rédhibitoires pour savoir si une personne est bien un ETI ou pas. Il faut du temps pour apprendre à gérer son corps, à l’assumer au moins en partie, jusqu’à ce qu’il ne constitue plus une distraction qui éloigne de nos objectifs primaires.

Pour se donner une idée générale de ce qu’est une insertion, ce qu’on voit dans le film « Avatar » est très proche de ce qui est vécu, avec un volontaire qui participe activement à l’opération, un correspondant distant, et une équipe qui gère l’ensemble, à la différence près qu’il ne s’agit pas simplement de piloter un corps étranger à distance, mais bien d’y être transféré sans aucune chance de retour durant toute la durée de vie de ce corps.

La chute (naissance)

Le processus naturel est que l’on se réincarne là où l’on meurt. Il n’y a que les extraterrestres qui gèrent les naissances (ceux de niveau 6, qui sont désincarnés) qui peuvent contourner cette règle par une réorientation si besoin, sinon, la nature suit son cours et on s’organise en fonction de cette règle simple. L’esprit du défunt va ensuite se réincarner dans un corps disponible dans l’espèce intelligente la plus proche, d’un niveau d’évolution sensiblement proche du sien. Le futur inséré va donc naturellement finir ses jours à proximité de la planète visée, de façon naturelle, se laissant guider par son intuition sur le bon moment et le bon endroit.

L’incarnation passe obligatoirement par le stade de la naissance. Certains groupes utilisent le remplacement d’esprit lors d’un décès (communément appelés walk-in), mais ce processus n’est pas celui que nous avons privilégié.

Le procédé est très brutal, car d’une part, on se retrouve dans un corps qui est totalement étranger et d’autre part, on est amené à suivre un processus de formatage humain (intellectuel, sociale, comportemental) qui va inclure, la plupart du temps, la négation de la vie extraterrestre. Autrement dit on va être amené à nier ce que nous sommes par nature. On ne nous accorde pas, en quelque sorte, le droit d’exister. Imaginez-vous plongé dans un tout autre monde, radicalement différent de ce que vous connaissez habituellement, où tout ce qui vous est cher dans l’humanité, vos proches, vos habitudes de vie, vos connaissances, sont totalement absents du paysage et que vous n’entendez parler de l’humanité que discrètement, comme si l’idée était fantaisiste et perçue comme une sorte d’élucubration de gens déséquilibrés qui cherchent à faire parler d’eux, ce qui serait en partie vrai vu la confusion qui régnerait dans toutes les informations sur le sujet.

Bref, nous ne gardons que l’essentiel, à savoir l’attachement à nos origines et à nos proches, des émotions du passé (mémoire émotionnelle) et une perception des choses héritée de nos acquis intellectuels et moraux, qui nous permettront de refaire surface au milieu de cette tempête, l’émotion faisant remonter à la surface, au fur et à mesure, des souvenirs plus précis de notre passé.

L’immersion (enfance)

Les premières années ne sont pas trop perturbantes dans le cadre familial. Beaucoup d’entre nous ont quelques troubles psychomoteurs, en fonction de la différence plus ou moins grande de leur morphologie d’origine avec la morphologie humaine. Il peut y avoir aussi un certain dégoût, plus ou moins prononcé, face aux fluides corporels ou aux fonctions organiques, desquelles nous ne pouvons malheureusement pas nous dispenser. La difficulté sociale, quant à elle, apparaîtra souvent plus tard, à l’entrée à l’école. Là, la différence se fait plus ou moins nettement sentir et vers 8 ans, on a déjà une assez bonne conscience que quelque chose cloche. Les souvenirs de l’enfant se manifestent beaucoup par les jeux, où l’enfant va jouer à être quelqu’un de l’espace. Le thème de Star Wars, film par ailleurs fortement inspiré, peut être très souvent utilisé. Durant cette étape, l’enfant extraterrestre apprend à devenir humain. Dans l’apprentissage d’une langue il est souvent utile de procéder à une immersion totale, en évitant les gens qui parlent notre langue maternelle. C’est le même processus qui est suivi ici. Le coordinateur reste présent, mais discret, et se manifestera surtout à travers un lien télépathique sous forme de contact « imaginaire », ou ami imaginaire, en influençant la pensée et l’imagination de l’opérateur. Le contact est pourtant très proche, mais l’enfant n’a pas conscience que celui ou celle qui vient le « border avant de s’endormir » existe vraiment et n’est pas de ce monde, étant un vieil ami qui veille sur nous (les parents ont parfois le sentiment que leur enfant est gardé, protégé, et ne savent pas l’expliquer). D’où les fées marraines des contes d’autrefois, elles même issues des divinités protectrices de l’antiquité, gardienne du destin.

Le rappel (adolescence)

Durant la puberté, l’esprit s’éveille à la connaissance et à la recherche. C’est l’occasion idéale pour un premier rappel. La sensation se fait plus forte du décalage entre les autres, famille compris, et soi. On a bien conscience que malgré les preuves physiques, nos parents ne sont pas totalement nos parents. Cela peut arriver à beaucoup d’adolescents qui ne sont pas d’origine extraterrestre, mais cela arrivera à la grande majorité des extraterrestres insérés, durant leur adolescence. Il arrive souvent aussi qu’on se mette à pleurer sans trop comprendre pourquoi, en suppliant le ciel de nous ramener « chez nous », un ciel qui semble toujours désespérément fermé et silencieux, car il faudra apprendre à regarder les choses de plus près, pour « voir l’invisible ». C’est une période mouvementée, comme pour tous les adolescents du monde, et le coordinateur se montrera davantage présent, sans pour autant se dévoiler nettement. C’est un peu l’âge des croyances extraordinaires ou la jeune personne va commencer à prier « Dieu » ou à invoquer les esprits, s’ouvrant ainsi à l’étude des spiritualités telles qu’elles sont perçues en milieu humain. La question de la vie extraterrestre, souvent à travers la science-fiction, commence à prendre une certaine importance. C’est à cet âge aussi que le sentiment d’être là pour une mission se fait sentir.

L’implantation (âge adulte)

À l’âge adulte, c’est le temps de l’implication sociale : travailler, fonder une famille, connaître les joies et les peines de la vie amoureuse, bref, expérimenter tout ce qui fait la richesse et l’intensité d’une vie humaine, pour être au plus proche de la population. Je ne sais pas s’il en est de même pour les autres, mais mes évolutions et expérimentations ont été très nombreuses et rapides. Nombreuses copines, nombreux emplois très variés, nombreuses habitations (pas tout en même temps bien sûr ! ) et rien qui dure plus de quelques années. Si on veut aider les humains, il faut savoir de quoi on parle, et leur prouver que le changement est possible en leur montrant le chemin, en expliquant, de l’intérieur, comme faire, dans les mêmes conditions de vie qu’eux.

C’est donc durant cette période que l’opérateur va étudier le plus (connaissances générale et particulières de l’humanité) et expérimenter, observer, tester les humains qu’il fréquentera pour mieux les connaître. C’est durant cette période aussi que les investissements sociaux, culturels ou intellectuels, débutés durant l’adolescence, prendront leur plein essor. Dans la pratique de ces passions, qui ont la plupart du temps pour finalité le bien commun davantage que le simple loisir, il y a un sentiment d’urgence, de sens du devoir, et il n’est pas rare que l’inséré se dise « je dois faire ça, c’est mon travail », alors qu’il ne s’agit, apparemment, que d’une activité de loisir. L’intérêt est souvent passionnel, difficile à retenir, et le repos difficile à prendre (par manque d’envie de s’arrêter). On sent bien qu’il n’est pas venue ici pour s’amuser et prend son travail très au sérieux.

Le profil général sera souvent une personne qui paraîtra instable, qui aura du mal à s’installer, voire même qui ne le voudra pas et l’assumera pleinement, ce qui semble logique pour un voyageur ! Parler de projets immobiliers ou financiers à long terme est pénible pour un ETI et si il y est mêlé ce n’est qu’à contre cœur ou avec beaucoup d’hésitation, par obligation envers un parent ou un conjoint (comme les cas d’héritage par exemple, pour lequel il ne bataillera pas deux minutes, préférant y renoncer), à moins que ce projet ne soit mené dans un but altruiste, éventuellement, afin de récupérer des biens pour un projet pour les autres. Mais dans l’ensemble, venant d’un monde ou l’argent n’existe pas, car reconnu comme étant un outil archaïque provocant plus de problèmes qu’il n’en résout, un extraterrestre en mission sur Terre ne va pas s’impliquer dans des affaires qu’il sait être nocives pour le développement humain.

Durant cette période d’implantation, la présence du coordinateur se fait un peu plus intense, mais en alternance (présence/absence), laissant à l’opérateur toute la concentration nécessaire à sa présence terrestre.

L’éclosion (vers la quarantaine)

Vers la quarantaine (la période peut légèrement varier et dépend de beaucoup de choses), l’opérateur va revenir à ces premières idées, celles de l’adolescence, sur l’intuition de sa vie extraterrestre. Après une vie d’intégration qui dans l’ensemble lui semble être un échec, à court d’explications, insatisfait par les explications possibles (beaucoup sont autistes asperger2 ou surdoués, hyperactifs ou bipolaires peut-être, mais cela n’explique pas tout et il est difficile de trouver la paix avec soi-même avec ces explications incomplètes), il ne reste plus qu’une explication qui, bien qu’elle semble irrationnelle, est celle qui donne le plus de sens à l’ensemble : être originaire d’un autre monde. Beaucoup d’humains, un peu plus évolués que les autres, ont l’impression d’être des extraterrestres au milieu des autres, mais la plupart de ceux qui le sont vraiment trouvent le courage et l’audace de se risquer à le croire, et ceux-là y trouvent la paix intérieure, qui leur permettra par la suite d’être pleinement opérationnels. Le but de la mission étant d’expliquer la vie dans l’univers telle qu’elle est perçue par les autres espèces extraterrestres, rassurer la population à ce sujet et aider les gens dans leur évolution.

La démarche de prise de conscience se fait par étape, en avançant petit à petit. Les souvenirs remontent parfois à la surface. Un jour où je voyageais en train, je commençais à m’assoupir et je me revoyais debout dans une cabine d’un vaisseau spatial, je me sentais dans un corps de chélonien, insouciant, mais j’ai découvert dans un reflet de moi sur le mur que j’étais dans un corps humain, et ça m’a choqué, suffisamment pour me faire émerger brutalement de mon sommeil. Mais, même si quelques souvenirs peuvent surprendre, la prise de conscience se faire « à froid », il n’y a pas d’excitation exagérée, car le doute, qui reste très présent au début, nous calme tout de suite. On ne va donc pas sauter de joie, on ne va surtout pas en parler à tout le monde autour de soi, ni s’en vanter ! Tout se passe plutôt dans la sérénité. Puis les doutes s’effacent un à un, pas toujours pour des raisons logiques d’ailleurs, parfois le cœur l’emporte à juste titre sur la raison, et la conviction s’enracine en nous avec plus de force.

Il ne s’agit pas d’agents dormants extraterrestres dont il faudrait garder l’existence secrète. Il n’y a pas de secret, il y a oubli. On ne cache rien, mais c’est à l’opérateur de se souvenir, lors d’une quête personnelle, de qui il est, d’où il vient, et de ce qu’il a à faire. Ce n’est donc pas secret, mais discret. Et on ne nous mâche pas le travail, même si on nous tend la perche à de nombreuses occasions, par des clins d’œils, sortes « d’easter eggs »3 qui vont servir de déclencheur, des coïncidences trop bien calculées pour n’être dues qu’au hasard et qui déclencheront des réminiscences4 libérées au compte-goutte par des sollicitations qui viennent directement de la conscience du coordinateur, qui lui, n’ignore pas qui est l’opérateur, et en a pleinement conscience. Mais il reste difficile de faire le lien tout de suite. Toutefois, au bout d’un moment qui vient assez rapidement, quand on est prêt, tous ces petits indices semblent former le chemin du petit Poucet et finissent par être très rassurants, réconfortants. Du début de la prise de conscience à son achèvement il s’écoulera en général peu de temps (en général entre un et trois ans), car il n’y a là rien à apprendre, mais juste à se souvenir, ce qui va assez vite.

Les liens télépathiques se consolident, le coordinateur apparaît alors tel qu’il est vraiment (ce sont les liens affectifs dont je parlais au début, qui vont ramener l’opérateur vers son coordinateur et lui permettre de le dévoiler), et les origines extraterrestres de l’opérateur commencent à se préciser. C’est comme un enfant abandonné qui, longtemps après, retrouverait sa famille, et cette notion de vraie famille est particulièrement intense. L’opérateur se retrouve alors lui-même, ses prises de conscience sont plus fortes et moins espacées dans le temps, il comprend mieux et plus vite, retrouvant une bonne partie de son niveau d’expérience d’avant son incarnation, quoique toujours en partie naturellement entravée par sa nature humaine.

Les contacts télépathiques sont quasiment permanents, l’opérateur étant sans cesse connecté à son coordinateur dans un dialogue intérieur, de façon plus ou moins intense selon les besoins. L’influence (l’aide) du coordinateur gagne en intensité et en rapidité, pour atteindre un niveau de réponse en temps réel. Les deux semblent ne plus parler que d’une seule voix. L’opérateur sait qu’il n’a jamais été seul, qu’il a toujours été sous « surveillance » (dans le sens de « veiller sur »), mais la situation présente en donne pleinement conscience.

L’action libre

Je ne peux parler ici que de ce que j’entrevois, étant donné que j’en suis au début de cette étape. Étant pleinement conscient d’être d’origine extraterrestre, on commence à se calmer un peu, puisque la question est résolue. On l’accepte, on trouve la vie moins difficile et paradoxalement, on commence à mieux s’adapter, car on cesse de courir après soi-même, ou de se fuir, selon les circonstances. On s’assume simplement. On sait qu’à certains moments, on va se comporter davantage selon notre nature intérieure d’extraterrestre, et en d’autres occasions, on aura davantage tendance à assumer notre rôle d’humain. Il y a donc une alternance entre les deux natures, qui vont probablement se fondre petit à petit l’une dans l’autre pour finir dans une nature unifiée. Je sais qui je suis, je connais mon rôle, je connais les règles du jeu, et tout devient plus facile.
Le coordinateur apporte aussi un peu moins son concours en matière de conseils et de discernement, l’opérateur ayant récupéré une bonne partie de son potentiel, il peut juger par lui-même des situations de façon plus autonome et prendre davantage d’initiatives. Nous ne sommes pas des marionnettes qui obéissent aux ordres. Au début, je demandais toujours l’avis de Tali. Aujourd’hui il arrive aussi qu’elle me demande le mien. Lorsqu’un extraterrestre inséré est opérationnel sur le terrain, et qu’il a quitté la phase d’observation/formation, c’est à lui de jouer.

En temps qu’ETI nous ne sommes pas aiguillés pour nous fédérer sur Terre les uns les autres, comme les humains qui forment des communautés, car le principe humain en nous aurait les mêmes faiblesses que pour tout humain et nous serions victime du principe de cristallisation, qui veut que tout enseignement dynamique qui amène à la formation d’une société, qui se voit invariablement obligée de se fédérer autour d’un consensus, l’amène à se figer et à perdre sa vitalité première jusqu’à s’éloigner de ses propres fondements.

Il y a donc très peu de chance qu’une association des extraterrestres insérés voit le jour !

L’extraction

C’est la mort, tout simplement. Je ne pense pas que je vivrais vieux, pas plus de 80 ans, mais j’espère que j’aurais une mort honorable, en sacrifiant ma vie pour les autres par exemple. Je trouverai très ennuyeux de mourir vieux en attendant la mort dans mon lit.

Venir dans ce monde est un engagement « à vie », selon le temps moyen d’une vie humaine. Si on vit habituellement 1000 ans en tant qu’extraterrestre, ce n’est pas un gros sacrifice. Après la mort, nous poursuivons une nouvelle mission, qui aura été préparée durant la vie terrestre, ou avant, mais en règle générale nous n’enchaînons pas plus de deux missions d’affilée.

Pour tout dire

J’ai rencontré quelqu’un un jour, une jeune femme du nom de Zoë, qui a su me faire parler et je me suis confié, avec encore un peu de retenue, mais comme jamais auparavant. J’avais la gorge serrée et mes larmes étaient prêtes à couler, non seulement parce que je confiais enfin quelque chose d’intime qui n’avait jamais été dévoilé avant, mais aussi parce que je savais que je parlais au nom de beaucoup d’autres qui partagent ma condition. Je n’ai jamais voulu aborder trop en profondeur par écrit le problème de la souffrance des ETI, par pudeur et parce que je n’ai pas envie qu’on me plaigne, mais je me rends compte que cela pourrait servir à certain d’entre nous si quelqu’un pouvait mettre des mots sur la souffrance qu’on ressent d’être ici.

Vivre sur une planète étrangère, en étant loin de chez soi, loin des siens, en oubliant tout ce qu’on est, en étant dans l’incapacité de tisser des liens aussi étroits avec les habitants de notre nouvelle planète, avoir un vague souvenir d’autres façon d’être et de vivre mais rien qui soit vraiment clair, avoir la sensation de ne jamais être pleinement soi-même, de ne jamais être aimé tel que l’on est, de ne jamais être simplement connu réellement tel qu’on est, d’avoir l’impression de maintenir des apparences qui sont à la limite d’être trompeuses, garder des liens familiaux avec des personnes qui nous semblent étrangères, faire comme si tout était normal alors que rien ne l’est, parce qu’on est là où on ne devrait pas être et qu’on se sent clairement intrus, surtout à partir du moment où on a prit conscience d’où on vient vraiment, avec tout le décalage spirituel, culturel et technologique que cela implique, c’est comme tomber du ciel dans une mer d’huile bouillante. J’arrive à vivre en essayant d’oublier que je suis vivant, mais si on gratte un peu la surface, j’entends bien au fond de moi sourdre un cri d’horreur et d’effroi au contact de cette planète, en étant obligé d’y vivre et de partager cette condition humaine qui ne m’est pas naturelle. Au fond de moi je suis comme un ver qui se tord continuellement de douleur et qui tente en vain de hurler pour faire cesser ce supplice en sachant pourtant que c’est impossible. Je comprends bien pourquoi à certaines périodes de ma vie j’ai pu paraître agressif, comme c’est le cas pour d’autres aussi. Cela ne corrompt en rien notre engagement de bienveillance, mais quand on vit une expérience aussi brutale que la transplantation sur une autre planète, se sentant démuni dans un milieu profondément hostile, il est normal parfois de s’y perdre un peu et de faire preuve de faiblesse.

Je sens que les choses évoluent et que bientôt je me percevrai tel que je suis vraiment, m’assumant pleinement, retrouvant une plus grande part de ma vie d’avant, car quoi que mes amis en pensent, les souvenirs que j’ai de ma vie passée et que je retranscris ici ne sont qu’une infime partie de tout ce qu’il me reste encore à découvrir, j’en ai bien conscience, et c’est souvent loin d’être l’essentiel. Je garderai toujours deux natures tant que je serais vivant dans ce monde, humain de corps et extraterrestre de cœur, mais je vois que ma vieille nature, plus ancienne, plus authentique, plus établie, reprendra largement le dessus et me permettra de vivre un peu mieux ici, car ma vie humaine n’est pas destinée à être prolongée plus longtemps que ce qui est nécessaire à ma mission.

Je suis tombé dans un monde en guerre et je suis venu pour ça. Je suis ici par choix, je ne suis donc pas à plaindre, mais j’espère qu’il restera un jour une trace de notre passage, pour qu’on ne nous oublie pas.


1Ingénieur-mécanicien, professeur à l’École polytechnique fédérale de Zurich (1916-1938). Fut le collaborateur (1904-1908, Bureau des brevets, Berne) et l’ami d’Albert Einstein. Vécut en Suisse et en Italie.

2 L’autisme sévère est dû à un processus relativement rare, mais naturel augmenté par des facteurs environnementaux, particulièrement ces dernières années. Les formes d’autisme sans déficience intellectuelle, comme le syndrome d’Asperger ou l’autisme de haut niveau, sont, selon ce que j’en ai compris, des modifications génétiques d’origine extraterrestres, basées sur l’autisme originel, visant, soit à rendre plus indépendant un certain nombre d’humains, soit à offrir à des extraterrestres qui s’incarnent, une moins grande résistance physique à leur essence extraterrestre. Les différentes formes d’autisme ou de surdouance, avec la pensée en image et en arborescence, vise aussi à la préparation des humains à l’utilisation courante de la télépathie, ces deux catégories de fonctionnement cérébral étant prédisposées  dans ce domaine.

3Easter eggs : pour ceux qui travaillent en semi-télépathie, voici quelques mots clés, que j’appelle « easter egg », en référence aux parties cachées des programmes informatiques qui ne se déclenchent que sur une action précise de l’utilisateur (combinaison de touches ou déplacement spécifique d’un objet 3D dans un environnement virtuel par exemple) : exilé – consul – observateur – extraction – réminiscence – éclosion. Si ces mots vous touchent, c’est peut-être le signe de quelque chose à approfondir.

4Les réminiscences sont un retour à la conscience claire de souvenirs non accompagnés de reconnaissance. Souvenir vague ou incomplet, difficile à localiser : avoir de vagues réminiscences d’un événement.