Déviance systématique

Une des mauvaises habitudes des humains, c’est que lorsqu’ils découvrent quelque chose qui fonctionne bien et qui améliore leur vie spirituelle, ils vont systématiquement :

  • créer une doctrine
  • créer un regroupement structuré autour de cette doctrine
  • choisir des chefs pour les représenter
  • en tirer un profit matériel
  • se développer de façon expansive et/ou agressive

C’est une façon très commune de pérenniser toute sorte d’outils d’évolution.
J’aime bien citer ce passage des Évangiles qui illustrent parfaitement à mes yeux ce concept :

La transfiguration (Luc 9.28-36)

Environ huit jours après avoir dit ces paroles, Jésus prit avec lui Pierre, Jean et Jacques, et il monta sur la montagne pour prier.
Pendant qu’il priait, l’aspect de son visage changea et son vêtement devint d’une blancheur éclatante.
Et voici que deux hommes s’entretenaient avec lui : c’étaient Moïse et Elie ; apparaissant dans la gloire, ils parlaient de son prochain départ qui allait s’accomplir à Jérusalem.
Pierre et ses compagnons étaient accablés de sommeil mais, restés éveillés, ils virent la gloire de Jésus et les deux hommes qui étaient avec lui.
Au moment où ces hommes se séparaient de Jésus,
Pierre lui dit: «
Maître, il est bon que nous soyons ici. Faisons trois abris: un pour toi, un pour Moïse et un pour Elie.» Il ne savait pas ce qu’il disait. »

Les disciples de Jésus ont vécu un moment fort de leur parcours spirituel et ils ont voulu le « garder au chaud » pour pouvoir encore en profiter une prochaine fois à loisir. Mais dans la vie il n’en va pas ainsi.

Le besoin primaire social de l’humain le pousse à détourner les choses de cette façon. Et malheureusement il tarit la source des bienfaits en procédant ainsi, car les choses bonnes pour l’esprit ne sont pas exploitables comme l’or ou le pétrole, on ne peut pas s’en emparer. L’exploitation pourra durer longtemps, mais l’esprit disparaîtra, car on ne peut pas le saisir, c’est lui qui nous saisi. Ainsi, lorsque tant d’énergie aura été dépensée pour créer et maintenir la structure d’exploitation, alors même que la source sera épuisée, les hommes continueront à « jouer la comédie » en faisant semblant que tout fonctionne encore très bien. Ils prétexteront que si leur organisation semble ne plus fonctionner, c’est que les fidèles ne sont pas assez bien disposés. Et ainsi, ils s’assurent du retour régulier de leur brebis au sein de leur structure, assurant ainsi leur propre confort, ou encore ils diront que c’est juste une mauvaise passe et qu’il faut s’accrocher… indéfiniment, plutôt que de reconnaître qu’ils font fausse route.

 

 

Reprenons point par point :


Créer une doctrine

À la base, c’est une noble intention. Puisque une chose fonctionne, on cherche à la définir, à la reproduire, afin de la partager. L’idée de contrôle commence déjà à poindre mais n’est pas encore très envahissante. Le problème de l’élaboration d’une théorie, c’est qu’elle fige littéralement la chose décrite. Il faut avoir beaucoup d’expérience et de souplesse d’esprit pour pouvoir, comme Einstein, remettre en cause des théories fondamentale afin de poursuivre la recherche encore plus loin. Mais la plupart des gens ont besoin de se rassurer en donnant aux diverses doctrines un caractère immuable.

À noter aussi que la doctrine sera rendu très complexe, et peu abordable par le commun des mortels, devenant « réservée » à des experts, par la réutilisation de termes complexes qui ne parlent pas directement à l’esprit, en utilisant des doctrines issues d’autres cultures (Kundalini, chakra, dharma), ce qui donne un petit côté exotique, qui ne manquera pas d’attirer les esprits les plus superficiels qui aiment la flatterie et à se donner un genre en adoptant des attitudes de sages sans connaître la vraie sagesse. Ainsi, la base de la population se retrouve privée d’un bien précieux, jalousement gardé par une soi-disant « élite » qui le lui confisque.

Ce qui nous libère et favorise notre développement est à notre portée, est très simple, très abordable, et bien souvent déjà pratiqué inconsciemment dans la vie quotidienne (comme l’auto-hypnose par exemple). Il vaut mieux se montrer prudent avec ce genre d’individus et exercer un discernement strict pour savoir s’il est bon de s’en approcher ou pas.

Créer un regroupement structuré autour de cette doctrine

Se regrouper est une chose normale et bénéfique. Après tout, « l’union fait la force », surtout si le groupe en question est la cible de discrimination, de rejet, de malveillance. Mais un problème majeur survient quand l’appartenance au groupe devient l’objectif de l’individu qui en fait partie. Il y a comme un manque d’authenticité qui apparaît très souvent chez les membres de différents regroupements à caractère spirituel. C’est quelque chose que j’ai pu voir dans tous les groupes que j’ai pu approcher. Moi-même j’ai connu cet engouement plus d’une fois. C’est comme si on se nourrissait de la sécurité que procure le fait d’appartenir à un groupe qui se reconnaît à travers une certaine image. C’est un phénomène identitaire très classique.

Beaucoup d’énergie est donc dépensée pour entretenir cette image, mais très peu pour vivre en profondeur l’idéal qui est à l’origine de la communauté. « Appartenir à la communauté » devient donc l’objectif principal de ces personnes.

 

Choisir des chefs

Le terme « ministre » veut dire serviteur à la base. Un « premier ministre » est un « premier serviteur ». Un pasteur, c’est un ministre du culte, donc un serviteur du culte. Pourquoi leur attribuer tant d’honneurs, au point de les éloigner de leur fonction première ? C’est un peu la faute des gens si on en arrive là ! Ces « responsables » font ce que les gens n’ont pas le courage de faire : ils s’engagent à la place des autres, ils se donnent du pouvoir et ensuite le confisquent.

En tirer du profit matériel

« Vous avez reçu gratuitement, donnez gratuitement », voilà comment a vécu Jésus. Il est vrai que ce n’est qu’un point de vue, d’autres groupes extraterrestres procèdent peut-être différemment, mais je trouve cela plus juste, quand on parle des choses de l’esprit, de les aborder avec générosité, plutôt que dans un esprit de profit, surtout vu l’état déplorable dans lequel se trouve l’humanité et les choses extraordinaires qui se préparent. Quand un médecin va sauver une vie dans la rue, il ne demande pas sa carte vitale à la personne… enfin en principe, ou du moins pas tout de suite ! C’est comme si vous réclamiez d’être payé pour faire un enfant, ou pour aimer quelqu’un, en prétextant que… « il faut bien se nourrir ! » Ces choses fondamentales ne sont pas faites pour un profit matériel, même si elles n’interdisent pas, en soi, le profit matériel et une vie confortable, cela ne doit pas être la raison principale. Toutefois, et je parle par expérience, « l’entraînement » est quelque chose de rude, et la rigueur de la vie nous amène à garder un esprit vif, alors que le confort a plutôt tendance à nous endormir. C’est ainsi que je fonctionne en tout cas. Je vis pauvrement, et j’en suis bien content !

Se développer de façon expansive et/ou agressive

Il est vrai que la nature pousse tous les organismes vivants à se développer, à se répandre, de façon agressive. Le plus petit est mangé par le plus gros, qui est lui-même le plus petit par rapport à un autre. Jusqu’à un certain stade de l’évolution humaine, les extraterrestres ont laissé faire de cette façon, qui est naturelle aux premiers stades d’évolution. Mais la main est tendue aux humains aujourd’hui pour sortir de cette réalité et voir plus grand. L’idée d’une aide extraterrestre peut sembler aberrante à certains, qui n’en comprennent pas la raison désintéressée. Cette raison, c’est parce que c’est agréable de partager et de ne pas être toujours sur la défensive, en se demandant d’où vont pleuvoir les coups et que ceux qui aident aujourd’hui le font parce qu’ils ont été aidé hier, tout simplement.

Conclusion

Pour reconnaître un « faux prophète », voici quelques caractéristiques :

  • il vous demande beaucoup d’argent et vit dans un confort assez important

  • il vous culpabilise et vous fidélise pour que vous reveniez (prétextant que vous ne pouvez pas faire ce qu’il fait), ne vous apporte pas d’autonomie par rapport à lui

  • il vous demande de placer votre confiance en une doctrine ou même en lui, alors que vous devriez plutôt vous aider vous-même : vous êtes votre propre chemin, vous êtes votre propre maître et il fera tout pour vous le faire oublier, même s’il le dit en parole, son attitude vous conduit à cela

  • il rend hors de votre portée les choses qui peuvent vous faire évoluer en utilisant un discours mystérieux

  • il monte des doctrines « préfabriquées » avec des morceaux d’une spiritualité, et puis d’une autre, mais ne parle pas avec ses mots car lui-même n’a rien vécu de tout cela et n’a qu’une expérience superficielle

  • il chipote sur les mots et se lance dans de grands débats stériles pour savoir, par exemple, s’il faut ou non prier à heures fixes

  • il vous demande de faire des choses que vous ne comprenez pas en prétextant que ça marchera quand même (prier en latin ou en tibétain sous prétexte que c’est une langue sacrée), alors que ce qui n’est pas le fruit d’une prise de conscience n’amène aucun changement et peut tout au plus permettre de se faire plaisir, comme si on jouait une pièce de théâtre.

Comment repérer une personne à la démarche authentique :

  • il s’investit dans sa tâche en la prenant au sérieux, en y passant beaucoup de temps, mais en vivant durement, sans rien demander à personne

  • il ne cherche pas à être connu ni reconnu. Le principal pour lui c’est que le message dont il est porteur soit transmis et même s’il se rend disponible pour répondre de ce qu’il dit ou annonce, il cherche le plus possible à rester anonyme

  • il ne cherche ni argent ni honneur, ni position de pouvoir

  • il sait avant tout que ce qu’il porte en lui, ce qu’il donne au monde, ne lui appartient pas, et qu’il n’a aucun droit dessus, servant des intérêts qui le dépassent

  • et par dessus tout : il vous ramène toujours à vous-même