Choc des civilisations ?

De la même manière qu’on n’inonde pas de litres d’eau la bouche d’une personne qui souffre de déshydratation depuis des heures passées dans le désert, les extraterrestres qui viendront lors des premiers contacts officiels (c’est-à-dire dont on parlera partout dans le monde sans qu’on puisse avoir le moindre doute sur ce qui se déroule) ne viendront pas dans une démonstration de force.

Il va de soi que les extraterrestres qui se présenteront officiellement la première fois ne se comporteront pas en conquistadors, en en jetant plein la vue aux humains pour montrer leur supériorité. Il s’agira d’un échange, d’un soutien. Nous n’avons pas affaire à deux civilisations n’ayant que quelques siècles d’écart d’évolution, mais nous avons affaire à une humanité qui émerge à peine et péniblement de son niveau animal, face à des êtres qui ont parfois des millions d’années d’avance spirituelle et technologique et dont la vie passée dans le règne animal est un lointain souvenir.

Un an après leur arrivée, l’humanité ne sera pas plus avancée technologiquement qu’elle ne l’est aujourd’hui.

Intellectuellement, spirituellement, la rencontre fera progresser beaucoup. Plus pratiquement, il y aura des aides, en matière d’aide médicale, en matière de transport, de nutrition aussi en partie, des aides toujours proportionnelles aux risques encourus pour les humains, mais toujours en veillant à ce que l’humanité ne tombe pas dans le piège de la dépendance et du relâchement. La survie d’une personne restera toujours à la charge de ses congénères. À long terme, un soutien qui serait trop important et constant finirait par être aussi destructeur que venir là en conquistador. On peut impressionner par les armes, on le peut aussi avec des médicaments. Ce qui compte, c’est que l’humanité soit toujours soucieuse et incertaine de son destin, pour qu’elle trouve la force de le prendre en main, de l’écrire elle-même, et de ne plus se soumettre à personne (le but à long terme étant d’associer l’humanité, par sa libre coopération, à la gestion de son environnement spatial avec les autres espèces intelligentes existantes). Si l’humanité ne doit pas être conquise, elle ne doit pas être achetée pour autant. Le contact doit être uniquement une constante ajoutée dans l’équation de l’évolution humaine, et non pas son aboutissement.

Nous pouvons être certain que puisque les premiers à se manifester seront pacifiques, ils useront des mêmes précautions et de la même discrétion dont ils ont toujours su faire preuve jusqu’à présent, en étant juste un peu plus dévoilés que d’habitude. Pour les autres, qui reviendront pour se servir des humains (il existe au moins deux espèces dont le souvenir a perduré à travers les mythes et légendes sur les anciens dieux), l’humanité devra régler ses comptes avec eux, et sera aidée en ce sens, mais sans que tout soit fait à sa place.

Les extraterrestres connaissent l’histoire de l’humanité, la vraie, pas celle des livres, et se sont assez longuement préparés pour éviter de commettre les mêmes erreurs que celles que les humains ont commises autrefois entre eux.

La peur du choc des civilisations est due aux mauvaises intentions habituelles chez les humains, qui ne cherchent qu’à se développer au détriment des autres, ou en profitant des autres, et qui ne peuvent pas accepter l’idée du don gratuit sans imaginer qu’il y a quelque mauvais plan qui se cache derrière. Ce n’est là que le reflet de leurs propres travers. Les extraterrestres qui surveillent la Terre depuis le début ne sont pas les fanatiques religieux qui ont déferlé sur les plages du Nouveau Monde. Ils ne viennent pas en conquérants mais plutôt comme une aide humanitaire… prudente.

Il n’y aura que très peu d’échanges culturels, technologiques et surtout commerciaux, le commerce n’existant pas dans ces civilisations avancées. Tout au plus inciteront-ils l’humanité, par leur exemple, à abandonner le système monétaire pour un système solidaire UNIQUEMENT parce que ce changement serait synchrone avec le développement humain du moment (et urgent à mettre en place pour la survie de l’humanité), suivi, tout au plus, d’une mouvance culturelle minoritaire qui tendra à imiter superficiellement la mode extraterrestre (surtout à l’initiative des humains), en matière de mœurs et d’habillement, contre lequel il n’y aura pas d’opposition, car ce sera sans graves conséquences et appelé à disparaître rapidement.

Les progrès scientifiques et technologiques viendront après, par l’élan qui sera donné par l’abandon du poids mort que représente la finance. Les progrès effectués par l’humanité durant cette période seront alors pleinement satisfaisants et personne ne regrettera que les extraterrestres n’aient pas donné grand chose !

Pour des êtres habitués à l’espace, où il n’existe, en soi, ni haut ni bas, il n’y a pas non plus de statut inférieur ou supérieur dans la notion de civilisation. Ce concept est uniquement humain, et relatif à des niveaux d’évolution assez peu avancés, sans être intrinsèquement lié à la valeur de la vie.

Pour éviter les guerres et les détournements, il n’y aura pas de prise de contact avec les dirigeants des états, mais avec des personnalités engagées dans le domaine de la philosophie et de l’humanitaire ou encore de la sociologie par exemple, qu’ils soient connus ou non (le plus important étant qu’ils soient avant tout honnête, avec eux-mêmes et avec les autres). D’ailleurs la plupart des personnalités connues ne seront pas contactées, car ceux qui se font appeler « philosophe » sur les plateaux télé ne le sont pas forcément vraiment.